jeudi 6 octobre 2011

La plaine est fuyante


« La plaine est fuyante, elle est un mouvement de fuite qui, sous ses parallèles amoncelées, emporte, dissout l’horizon. Ainsi finit le monde : une ligne, un ciel, rien. Au loin, la terre ne travaille pas. Alors tout s’anéantit.
Mais voici le damier des champs labourés, les sillons civilisés des propriétaires, les propriétés heurtées de tous ces voleurs de terre, les bornes, les limites, les fossés. Le graveur, comme un laboureur, se met au travail dans chaque enclos. Il jouit de la communion des outils : la charrue n’est-elle pas le burin de la glèbe ? »
Gaston Bachelard, La dynamique du paysage, in Le droit de rêver.



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